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1930-2026 : Vénus au cœur du Soleil en Scorpion, un siècle de transmutation

07/10/2026

1930-2026 : Vénus au cœur du Soleil en Scorpion, un siècle de transmutation

Le 24 octobre 2026, Vénus rétrograde formera une conjonction exacte avec le Soleil au tout début du Scorpion (0°45’Scorpion). Il s’agira d’une conjonction inférieure de Vénus, autrement dit de ce moment particulier de son cycle où, après avoir rétrogradé vers le Soleil, elle vient se fondre dans sa lumière avant de réapparaître sous une autre forme.

 

 

 

 

Lorsque cette conjonction se produit dans un orbe extrêmement étroit du Soleil, les astrologues parlent de kazimi : l’astre se trouve alors symboliquement « au cœur du Soleil », d’aucuns l’interprètent comme un processus de mort, la planète venant « mourir » dans le Soleil. Pour Vénus, cette phase possède une dimension initiatique. L’astre associé à l’amour, au lien, à l’attraction et aux valeurs entre dans une sorte de nuit solaire avant de renaître. Dans la tradition symbolique de son cycle, cette disparition revêt les couleurs du dépouillement, de la transformation et du renouvellement.

 

Bien que le phénomène se reproduise tous les 9 à 12 mois, entre Vénus et le Soleil, et tous les 8 ans environ, selon une progression qui déplace progressivement le point de conjonction dans le signe du Scorpion, il faut attendre près d’un siècle environ pour retrouver la même configuration, c’est-à-dire une conjonction inférieure entre les deux astres, tandis que Vénus rétrograde dans le Scorpion. C’est dire à quel point cette occurrence rare et remarquable se signale dans son symbolisme, tant au niveau mondial que personnel. Nous ne reverrons plus ce passage de notre vivant. Alors pour décrypter le sens de ce phénomène qui possède de surcroît une tonalité d’autant plus remarquable qu’il s’opère par un chauffage à blanc sous le chalumeau de Pluton, il faut revenir d’abord en 1930 puisque c’est cette année que se manifesta le précédent kazimi de Vénus en Scorpion. Pour être précis, et en tenant compte d’une localisation à Paris, la conjonction s’est formée le 22 novembre 1930 à 18 h 02, à la toute fin du Scorpion, au degré anarétique du signe.

 

Près de quatre-vingt-seize ans plus tard, Vénus revient donc rencontrer le Soleil, non plus à l’extrême terme du Scorpion, mais à son seuil : autour de 0°-1° du signe. Cette différence de position est, symboliquement, loin d’être anodine…

 

 

Du dernier degré au premier

 

Le 29e degré est traditionnellement considéré comme un degré de culmination, d’achèvement et de tension. Il concentre les caractéristiques d’un signe comme si celles-ci étaient parvenues à leur point ultime, avant le passage vers un nouveau champ d’expérience. En 1930, Vénus et le Soleil se rencontraient donc à l’extrémité du Scorpion tandis qu’en 2026, ils se retrouveront au commencement du signe. Entre ces deux rencontres se seront écoulées près de quatre-vingt-seize années d’histoire collective. On peut déjà s’interroger sur les correspondances symboliques de cet entre deux et la répétition de ce pattern cosmique à des points presque opposés du même signe.

 

D’abord Vénus représente l’amour et le lien mais aussi ce à quoi nous accordons de la valeur, la manière dont nous nous lions les uns aux autres, les formes d’attachement que nous construisons et, plus largement, les principes qui organisent nos relations. Que signifie alors voir Vénus accomplir son passage solaire à l’extrémité du Scorpion en 1930, puis revenir au seuil du même signe en 2026 ?

 

 

1930 : la tragédie de la terre

 

 

Le contexte historique de 1930 nous offre une résonance qui nous plonge tous autant que nous sommes dans un ressac émotionnel à la fois grave et pesant. L’Europe porte encore les blessures immenses de la Première Guerre mondiale. Les sociétés ont été profondément bouleversées par une violence industrielle qui a changé l’échelle de la destruction humaine. Les équilibres politiques et économiques sont fragilisés et, derrière les apparences d’un retour à la normalité, les germes d’une nouvelle catastrophe sont déjà présents puisque la décennie qui s’ouvre verra se profiler puis se déployer une nouvelle guerre mondiale, d’une ampleur destructrice massive, avec les persécutions, les génocides et un bouleversement sans précédent de l’ordre mondial.

 

Le kazimi de 1930 est concomitant à toute cette histoire collective qui allait traverser véritablement une descente aux enfers, très typique du Scorpion qui inverse sa courbe, en partant du pire (le dernier degré de son signe) pour retrouver l’espoir du meilleur et du poignant appel au « plus jamais ça ». Rappelons, en outre, que Pluton est découvert cette année-là, par un certain 

 

 Vénus, dans cette position où elle est dite en exil, régissant le lien et la valeur accordée à l’autre, se trouve alors au dernier degré d’un signe associé aux processus de destruction, de crise, de perte et de transformation radicale. Mais le 24 Octobre 2026, elle se tiendra au poste frontière, entre son énergie martienne et celle de la Balance (où elle est chez elle, à domicile) qui la précède juste, à quelques minutes du cycle. Comme s’il avait véritablement fallu presque un siècle pour nous remettre de ce voyage traumatique et sortir du tunnel de cette décomposition universelle. Quelque chose est arrivé à son terme.

 

2026 : retour vers le futur…

 

Le 24 octobre 2026, Vénus rétrograde reviendra vers le Soleil, mais cette fois au tout début du Scorpion. Nous ne sommes donc plus au terme d'un processus, mais à l’orée d’un nouveau chemin où s’ouvre l’espoir d’un relais vers les énergies Balance, pacifiques, de reconsidération de l’Autre.  Après un siècle d'histoire collective, Vénus semble revenir là où un nouveau cycle peut commencer. Entre les deux points se trouve toute l'expérience accumulée d'un monde confronté à la guerre, à la domination, aux totalitarismes, aux transformations technologiques, aux bouleversements sociaux et à une profonde modification de notre rapport au corps, au désir, à l'autre et au pouvoir.

 

On pourrait alors considérer ce passage comme une image de maturation collective : non pas l'effacement magique de ce qui a précédé, mais la possibilité de transformer ce qui, dans les valeurs héritées du passé, est devenu obsolète, destructeur ou profondément archaïque. L’inconscient collectif est peut-être prêt à tourner une page, à purger des strates perverties d’une énergie Scorpion susceptible enfin de se régénérer tout en révélant son essence disponible pour un bien supérieur – l’intensité et la force de vie qu’il combine au service de l’amour et d’une vérité plus haute, plutôt que vouée au mal et à la domination.

 

En ce moment, toutes les configurations Scorpion (T-Carré, avec Vénus/Mercure apex) nous obligent sans échappatoire à regarder en face ce qui doit être transmuté, ce qui doit être abandonné à un passé révolu, et ce qui fera pression pour mobiliser nos valeurs présentes et futures, non mortifères, non corrompues et non totalitaires, que ce soit à titre collectif ou individuel, à toutes les échelles. C’est par ailleurs ici que la présence de Pluton, dans l’équation de ce qui se joue en ce mois d’octobre incendiaire, confère une portée supplémentaire, ample et profonde.

 

Vénus face à Pluton

 

Lors du kazimi du 24 octobre 2026, Vénus au début du Scorpion formera un carré très étroit avec Pluton au début du Verseau. La symbolique devient alors particulièrement forte.

 

Vénus représente, nous le savons, nos valeurs, nos attachements, notre manière d'aimer et ce que nous poursuivons de désirable et de gratifiant. Pluton confronte aux processus de transformation profonde, aux rapports de pouvoir, aux mécanismes de destruction et de régénération. Le Verseau, quant à lui, introduit une dimension collective : les structures sociales, les normes, les représentations communes et les formes nouvelles d'organisation humaine. Le carré Vénus-Pluton pose ainsi une question radicale : que sommes-nous encore capables d'aimer, de désirer et de considérer comme précieux lorsque les anciennes valeurs sont soumises à une profonde mutation collective ?

 

La question ne concerne pas seulement l'individu. Elle touche à la manière dont une civilisation entière définit le lien, l'altérité, le pouvoir, le désir et la valeur humaine. Vénus ne se contente donc pas ici de « rencontrer » le Soleil. Elle traverse un véritable champ plutonien, et ce juste avant de se « métaboliser » au cœur du Soleil, finissant délivrée, nettoyée voire désossée par Pluton et toute la vieille peau scorpionnique du siècle éculé si l’on envisage la boucle cyclique commencée en 1930.

 

Elle entre dans le Scorpion, retourne vers le Soleil, disparaît dans sa lumière, puis renaît. Dans cette perspective symbolique, le kazimi apparaît comme une opération de dépouillement : ce qui ne peut plus être conservé doit être abandonné pour permettre l'émergence d'une autre manière d'aimer, de désirer et de créer du lien.

 

Une boucle de presque un siècle

 

En 1930, Vénus rencontrait le Soleil au 29e degré du Scorpion, à l'extrémité d'un processus, du moins en apparence, puisqu’il inaugurait tout un chapitre de l’histoire collective. Puis en 2026, elle le rencontre au tout début du Scorpion, augurant un nouveau cycle qui vient clôturer un temps long de   descente dans une forme inédite de barbarie. Entre les deux, presque un siècle donc. Une immense boucle qui renvoie à l’idée que ce qui était arrivé à son degré ultime revient, après une bouleversante traversée historique, au point où tout peut recommencer autrement…

 

On ne prétend pas que l'humanité aurait achevé son évolution, ni que cet événement céleste annonce une nouvelle ère. Mais l’analogie et le décryptage du phénomène disposent d’une cohérence suffisamment forte pour ouvrir une réflexion : qu'avons-nous fait, collectivement, des valeurs qui fondent nos relations depuis le monde de 1930 ? Qu'avons-nous conservé, détruit, appris de nos aïeux, de leurs erreurs et de leurs égarements, des aspects sombres et cruels de la nature humaine, mais aussi de leurs résiliences, de l’émancipation de la femme et du recouvrement de sa dignité, et enfin des actes héroïques qui ont été posés, au nom de l’amour, de la patrie, de la fraternité, des droits humains, du courage, de la résistance ? Et surtout, qu'est-ce qui doit encore mourir en nous pour que le lien, l'amour, l’élan plus pur vers l’altérité et la reconnaissance de l’autre puissent prendre une forme nouvelle ?

 

En 1930, Vénus amorçait une lente plongée dans les marécages du Scorpion, et en octobre 2026, elle revient à son commencement, délesté des oripeaux et des miasmes d’un territoire abrasé par Pluton, qui en Verseau, exige un retournement radical. Entre les deux, un monde entier a vécu, souffert, détruit, reconstruit et profondément changé. Peut-être est-ce cela que raconte ce nouveau kazimi : non pas la fin de l'histoire, mais la possibilité d'une transformation des valeurs après leur longue traversée de l'ombre.

 

Junon est de la partie !

 

Et pour finir, relevons que le jour du kazimi, l’astéroïde Junon rentre en Verseau, au degré exact inaugural du signe, zéro degré zéro minute ! Venant se placer juste à côté de Pluton stationnaire direct à 3° (concentration puissante de l’énergie plutonienne). Junon était entrée en Verseau, le 29 mars 2026, ouvrant un nouvel horizon concernant les liens et les engagements relationnels, moins formels, plus libres, et moins polarisés autour des pactes solennels, des contraintes qui emprisonnent et que l’on maintient malgré la distance du cœur. En Verseau et sous l’ornière de Pluton vers lequel elle se dirigeait, Junon ne pouvait plus tricher. Début juin, elle rétrograde vers le Capricorne dans lequel elle s’immergera une dernière fois entre le 11 aout et le 24 octobre. Dans l’horlogerie cosmique, il n’y a jamais de hasard, que des rendez- vous comme on dit, et le fait que Junon opère son passage définitif après avoir revisité et refermé ses anciens pactes relationnels fondés sur des loyautés qui n’ont plus cours et ne méritent plus d’être honorés dans le prochain cycle évolutif, franchissant ainsi le même seuil nouveau que le kazimi vénusien. 

 

Junon, en outre se place au carré exact de la conjonction Soleil/Vénus, leur rappelant que la grande mutation des valeurs scorpion et de Vénus - allégée de ses ténèbres - ne se fera pas sans l’œil vigilant de Pluton qui l’escorte. L’opération sera distillée dans l’énergie du Verseau, en charge de veiller à ce que l’on ne recommence pas comme par le passé, des fois que l’envie nous en prendrait. 

 

Le Scorpion, dans le vécu humain, vital, affectif, subjectif et plus largement dans tout le champ de l’altérité à un niveau planétaire, ne pourra plus désormais se parer des anciennes complaisances marécageuses, trempées dans les fantasmes plus ou moins consentis, concédés, ambigus, où l’amour se mêle à la possession, où l’ardeur des sentiments cautionne les passions dévastatrices, où la domination couve derrière des poncifs idéologiques au détriment de la femme, où les perversions sexuelles parviennent à se perpétuer grâce à la passivité ou au consentement tacite par la force de l’habitude, des passe-droits et des pressions de tous bords. 

 

Junon débarquant définitivement en Verseau, après avoir rebu une dernière fois à la coupe du Capricorne et des fidélités rigides, adossées au serment des conformismes moraux et des sécurités aliénantes, s’émancipe enfin. A l’instant même du kazimi où Vénus-Aphrodite cherche à brûler ses anciennes scories et faire peau neuve. Pluton chapeaute ce combo historique, en scellant un nouveau contrat avec l’humanité. Sommes-nous prêts à nous affranchir du passé, de nos vieilles manières d’aimer, de brûler dans nos cœurs (n’omettons pas le carré en cours, fait, défait et refait, de Mars en Lion, dépositaire de Vénus en Scorpion qu’il gouverne), en refondant l’altérité sur des valeurs de liberté, d’amitié, de respect et de connaissance, telles que le Verseau cherche à les incarner ? La feuille de route cosmique ne nous laisse plus le choix. Le bail qui nous est délivré nous laisse à peu près un siècle.

 

 

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